A Avion, la candidature de Fabien Roussel donne des ailes aux militants

Par Lucas Minisini

Publié aujourd’hui à 05h00

Sur le marché, les habitants prédisent une tempête. Ce jeudi 17 février au matin, au centre d’Avion, dans le Pas-de-Calais, les commerçants protègent leurs étals des bourrasques. « C’est le vent de l’espoir, ça ! » blague le militant communiste Jean Létoquart, 46 ans, lunettes rectangulaires et anneau à l’oreille. L’infirmier anesthésiste du centre hospitalier de Lens et premier adjoint au maire d’Avion, Jean-Marc Tellier (PCF), rassemble un paquet de tracts de son candidat à la présidentielle, Fabien Roussel. L’emploi, la santé, l’éducation, l’égalité hommes-femmes et la réindustrialisation en France s’étalent sur plusieurs pages colorées.

Entre quelques primeurs, une boucherie spécialisée dans les charcuteries polonaises et un stand de literie, le quadragénaire semble ravi : « Si l’ambiance est triste, on ne milite pas longtemps. » Malgré le froid, il passe du temps à prendre des nouvelles des uns et des autres : comment va Mireille Wicke, dont le mari nonagénaire est à l’hôpital après une mauvaise chute ? Et Daniel Szymanski, bientôt 82 ans, en doudoune rouge ? Avec cet ancien conducteur de travaux dans le BTP, le conseiller municipal regrette la disparition du service de pneumologie du coin dans ce bassin minier, où beaucoup d’anciens ouvriers souffrent de silicose. Tous promettent de venir au meeting de Fabien Roussel, organisé le 24 février. Dans cette commune de 18 000 habitants, un millier de personnes sont attendues pour l’événement. « C’est grisant », confie le militant.

Dynamique électorale

Jean Létoquart se réjouit de ce début de ­campagne : parmi les multiples candidats de gauche à l’élection présidentielle, Fabien Roussel fait une petite percée avec des intentions de vote qui frôlent les 5 %, selon plusieurs instituts de sondages. Une nette augmentation depuis la mi-janvier, où il ne dépassait pas les 2 %. Le PCF n’avait pas connu une telle dynamique électorale depuis des années. La dernière candidate communiste à une élection présidentielle, Marie-Georges Buffet, en 2007, avait rassemblé seulement 1,93 % des voix. Puis, en 2012 et en 2017, le Parti communiste s’était allié à La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon.

Jean Létoquart, premier adjoint communiste au maire d’Avion (Pas-de-Calais), distribue des tracts pour Fabien Roussel (ici, le 22 février 2022).

Le maire d’Avion, Jean-Marc Tellier, 52 ans, voit dans cette candidature le symbole d’une « fierté retrouvée » pour son camp politique. Un sentiment à peine entamé par les révélations du site d’information Mediapart, le 20 février, selon lesquelles le candidat communiste aurait bénéficié d’un emploi d’assistant parlementaire fictif auprès du député du Nord Jean-Jacques Candelier, de 2009 à 2014. Fabien Roussel a démenti sur Europe 1, le lendemain, tout poste « fantôme ». Jean Létoquart, lui, n’est pas inquiet : « Ici, on l’a vu arpenter le terrain avec son député », assure-t-il.

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