A Cadaquès, la renaissance de la boutique chic et bohème Pepa

Par Sophie Abriat

Publié hier à 19h00, mis à jour hier à 19h00

Ce soir de mars, entre chien et loup, les habitants de Cadaqués se pressent chez Pepa pour assister à la réouverture de la boutique de mode, une institution dans le village. Même sous la bruine, les villageois ont fait le déplacement. Les vents battent la roche noire qui protège la baie, de l’écume vole. Pepa a presque les pieds dans l’eau : juste en face, à quelques mètres à peine, se trouve la plage de Port Doguer. L’adresse est bien connue de tous, depuis quarante ans, elle est la destination mode du village et même au-delà, jusqu’à la Côte Vermeille qui ondule de cap en cap jusqu’à Collioure.

L’été, des clients font l’aller-retour en bateau dans la journée pour venir s’acheter un peu de Pepa. Calle Santa María, l’excitation est palpable : l’enseigne a fait peau neuve et dévoile ses nouveaux atours. Aucun carton d’invitation n’a été envoyé. Inutile : dans ce village de pêcheurs blanchi à la chaux, où Dalí a accueilli l’intelligentsia surréaliste, les nouvelles circulent par le bouche-à-oreille. Toutes les figures de Cadaqués, résidents, artistes de passage, galeristes, commerçants et restaurateurs se sont donné rendez-vous. La troupe discute joyeusement autour d’une coupe de champagne. L’ambiance est décontractée, la soirée conviviale, à l’image du village, encore auréolé de son passé hippie.

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L’événement est orchestré par Carole Benazet et Frédéric Lagarrigue, un couple de Toulousains tombé amoureux des lieux qui a racheté la boutique pour poursuivre son histoire. Pepa a été légèrement lifté, mais n’a rien perdu de son ambiance d’origine. Le logo, en lettres capitales dessinées à la bombe, a été conservé. Le sol, en ardoises vernissées, les murs, nappés de blanc, le plafond voûté, en canisse de roseau, tout a été laissé tel quel. Le tableau en mosaïque de Saint-Joseph trône toujours à côté de la cheminée.

Carole Benazet et Frédéric Lagarrigue, les nouveaux propriétaires de la boutique Pepa à Cadaquès.

Une partie de l’immeuble qui accueille le magasin date de 1572. Plus haut dans la rue se trouve l’église Santa Maria, détruite au XVIe siècle par des attaques de pirates et reconstruite dans la foulée ; elle abrite l’un des plus remarquables retables baroques de Catalogne, réalisé par le sculpteur Pau Costa. « L’emplacement de la boutique – l’un des plus recherchés du village – avait tout pour nous séduire. Au dernier étage de l’immeuble se trouvait d’ailleurs l’appartement de Marcel Duchamp avec sa grande terrasse baignée de soleil », raconte Carole Benazet, fondatrice du concept store toulousain Département féminin, à l’origine du projet avec son compagnon, Frédéric Lagarrigue, spécialiste de l’univers du design.

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A Cadaquès, la renaissance de la boutique chic et bohème Pepa

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