Guerre en Ukraine : à la frontière avec la Pologne, « c’est le chaos »

Installée, dimanche 27 février, sur des lits de camp au milieu d’un gigantesque entrepôt transformé dans l’urgence en centre pour les réfugiés de la guerre d’Ukraine, à Korczowa, en Pologne, la famille Zhyvaha est exténuée. Vitali, 52 ans, le père, Lena, 39 ans, la mère, et leurs trois filles ont pourtant du mal à trouver le sommeil après plus de trente-six heures d’un voyage éprouvant qui les a menés depuis Boryspil, dans les alentours de Kiev, à cette ville frontière de l’extrême est de la Pologne. « C’était horrible, raconte Lena, en essayant de retracer difficilement leur parcours. Ces dernières heures semblent comme un élastique, on oublie. »

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Comme la plupart des réfugiés autour d’eux, la famille a pris la décision de fuir vendredi 25 février, « le temps de faire les bagages », raconte Arina, l’aînée, du haut de ses 12 ans. Sa mère poursuit : « Nous avons réussi à monter dans un train qui est parti à 20 heures de Kiev, il était bondé mais heureusement nous avons obtenu deux couchettes. » Pour cinq personnes. Au bout de quelques heures du trajet pour Lviv, la grande ville de l’ouest de l’Ukraine, extinction des feux obligatoires pour traverser une zone d’affrontement. « On nous a même interdit de consulter nos téléphones, le train a continué à très petite vitesse, alors que nous voyions et entendions des tirs tout autour de nous », raconte-t-elle, encore terrifiée.

Lena, la mère, Vitali, le père, et leurs trois filles, après plus de trente-six heures d’un voyage éprouvant, à Korczowa (Pologne), le 27 février 2022.

Gigantesque embouteillage

Arrivés samedi matin à Lviv, les Zhyvaha ne sont pourtant pas au bout de leur peine. Des bus mènent bien à la frontière, située à 70 km, mais ils sont pris d’assaut. « Finalement, nous avons pu réussir à en trouver un samedi soir. » Sous escorte policière, il a pu passer à travers le gigantesque embouteillage que sont devenues toutes les routes reliant Lviv à la Pologne : « Il y avait 40 km de bouchons, et on voyait des gens marcher avec leurs enfants au bord de la route. » Arrivé à la frontière samedi soir, « un chaos », les attend. « Au moins 5 000 personnes se battaient pour passer », raconte Vitali. Les douaniers ukrainiens veillent en effet toujours à empêcher les hommes de 18 à 60 ans de sortir du pays.

Un bus transporte des réfugiés ukrainiens, de la frontière à un centre d’accueil, à 3 kilomètres de là, à Korczowa (Pologne), le 27 février 2022.
Un jeune garçon ukrainien sourit à son arrivée à un centre d’accueil pour les réfugiés, à Korczowa (Pologne), le 27 février 2022.

Combien de temps les autorités ukrainiennes vont pouvoir tenir ces contrôles aussi stricts face à des réfugiés toujours plus nombreux ? Les autorités polonaises ont annoncé dimanche avoir déjà accueilli 213 000 personnes depuis le début du conflit, mais selon différents témoignages, ils seraient encore des dizaines de milliers à attendre de l’autre côté de la frontière. Malgré ses 52 ans, Vitali, dentiste de formation, a, lui, en tout cas pu passer en arguant de ses trois filles.

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