Guerre en Ukraine : les efforts confus de l’Europe pour mieux armer Kiev

L’annonce semblait claire : à l’occasion du sommet qui réunissait les chefs d’Etat et de gouvernement européens, les 10 et 11 mars à Versailles, le haut représentant, Josep Borrell, annonçait qu’il avait « fait une proposition pour doubler la contribution [de l’Union européenne] avec 500 millions d’euros en plus pour des armements en soutien à l’armée ukrainienne ». Le chef de la diplomatie se disait « certain » que les dirigeants allaient soutenir cette proposition. « Tout le monde est totalement conscient que nous devons accroître notre soutien militaire à l’Ukraine », déclarait-il. Et le président du Conseil, Charles Michel, citait le même chiffre, comme si l’accord était engrangé.

Le communiqué final ne mentionnait pourtant pas ce point très important et deux dirigeants, le chancelier allemand, Olaf Scholz, et le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, affirmaient que le sujet n’avait pas été évoqué lors des discussions. « Le haut représentant pour les affaires étrangères a annoncé qu’il souhaitait poursuivre dans cette voie. Cela ne faisait pas partie de nos délibérations, ni de nos décisions », a commenté Olaf Scholz. « Il n’y a pas eu de décision formelle », modérait le premier ministre croate, Andrej Plenkovic.

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Processus chaotique

M. Borrell s’était donc clairement avancé et, si les dirigeants européens s’étaient effectivement entendus pour dégager une première tranche de 500 millions d’euros, dont 450 devaient permettre de financer la livraison d’armes létales à Kiev, ils n’avaient, en revanche, pas été informés de sa volonté d’aller au-delà de ce montant. Certains ont très modérément apprécié d’apprendre ce projet par la presse.

Josep Borrell souhaitait qu’un conseil des ministres européen valide sa proposition dès le dimanche 13 mars, au lendemain de la rencontre de Versailles, ce que les Vingt-Sept ont refusé de faire. « Sur la première tranche de 500 millions que nous avons déjà dégagée pour l’Ukraine, 200 millions seulement ont été consommés pour l’heure. Il n’y avait donc pas d’urgence », argue un diplomate. Avant d’ajouter : « Bien sûr, si l’Ukraine a besoin de plus, nous suivrons sans hésiter. »

Interrogés sur ce processus un peu chaotique, les services de M. Borrell assuraient au début de la semaine que les discussions « suivaient leur cours », confirmant ainsi qu’aucune décision n’avait été entérinée. Les débats ont, en fait, commencé, jeudi 17 mars, entre les ambassadeurs chargés de la politique étrangère et de la sécurité et il n’est pas impossible qu’ils aboutissent avant le prochain conseil européen des 24 et 25 mars.

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