Guerre en Ukraine : les Européens décident d’un embargo sur le charbon russe

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, ne voulait pas arriver les mains vides à Kiev, vendredi 8 avril, où elle devait rencontrer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. « Par un hasard heureux », commente un diplomate, l’information a fuité, jeudi, selon laquelle l’exécutif communautaire rendrait son avis en juin sur la recevabilité de la demande de Kiev à rejoindre l’Union européenne (UE). En clair, la Commission décidera alors si l’Ukraine peut être, ou pas, officiellement candidate.

Là où d’ordinaire il lui faut entre quinze et dix-huit mois, cette fois, la Commission, si elle respecte ce calendrier, aura pris à peine quatre-vingt-dix jours et envoyé un signal politique à l’Ukraine que son cas mérite un traitement de faveur. En réalité, cette étape ne fera que lancer une procédure appelée à durer des années, au cours de laquelle le pays devra s’aligner sur les standards européens.

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Plus concrètement, Ursula von der Leyen pourra se prévaloir auprès du président ukrainien du cinquième paquet de sanctions que les Vingt-Sept ont adopté, à l’unanimité, dans la soirée de jeudi. Ils ont tout d’abord décidé d’un embargo sur le charbon russe, une mesure politiquement symbolique parce que c’est la première qui concerne l’énergie et qu’il y a encore quinze jours, elle était inenvisageable. Mais cela « ne va pas vraiment fragiliser l’économie russe », juge Simone Tagliapietra, du centre de réflexion Bruegel. « Les Européens payent 15 millions d’euros par jour pour acheter du charbon russe. Pour le gaz et le pétrole russes, c’est 850 millions », argue le chercheur.

Les Etats membres ont également décidé de continuer à s’en prendre au secteur financier russe en mettant fin aux transactions avec quatre de ses grandes banques. Ils vont aussi interdire aux navires russes (sauf ceux qui transportent les produits agricoles et alimentaires, l’aide humanitaire et l’énergie) l’accès aux ports de l’UE et fermer leurs frontières aux camions russes et biélorusses.

Exercice délicat

Par ailleurs, afin de fragiliser sa base industrielle, les Européens n’exporteront plus vers la Russie certains biens stratégiques, comme les ordinateurs quantiques ou les semi-conducteurs. Ils se privent ainsi de 10 milliards d’euros de revenus annuels, soit un peu plus de 10 % de leurs exportations vers la Russie. Les Vingt-Sept avaient déjà arrêté d’y vendre leurs produits de luxe, renonçant ainsi à 3,5 milliards par an.

Sur les achats de biens russes, les choses sont moins simples, tant les Européens ont multiplié les dépendances à l’égard de Moscou. Alors qu’en 2021, ils ont dépensé 159 milliards d’euros en importations de Russie, ils ont décidé, jeudi, de ne plus lui acheter de bois, de ciment, de caviar et de vodka (pour 5,5 milliards d’euros par an). Ces dernières semaines, ils avaient également cessé d’importer certains produits en acier pour un montant annuel de 3,3 milliards.

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