Guerre en Ukraine : l’Union européenne peine à mettre en place un embargo sur le pétrole russe

Alors que la guerre en Ukraine continue à faire des ravages, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté au Parlement européen, mercredi 4 mai, son sixième paquet de sanctions contre Moscou.

Les Vingt-Sept, qui doivent l’approuver à l’unanimité, ont commencé à l’étudier, mais ils ne sont pas parvenus, pour l’instant, à un accord. Au cœur de leurs débats, l’embargo sur le pétrole russe que prône l’exécutif communautaire. « Nous renoncerons progressivement aux livraisons russes de pétrole brut dans les six mois et à celles de produits raffinés d’ici à la fin de l’année », a précisé Ursula von der Leyen. Avant d’ajouter : « Ce ne sera pas facile (…) mais nous devons le faire. »

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En achetant leur énergie à la Russie, les Européens financent la guerre de Poutine. Depuis le début de l’invasion en Ukraine, ils lui ont déjà, selon un décompte en temps réel opéré par le Center for Research on Energy and Clean Air (CREA), versé plus de 53 milliards d’euros, dont 21 milliards pour le pétrole, près de 31 milliards pour le gaz et 881 millions pour le charbon.

Le 8 avril, les Vingt-Sept ont fait un premier pas en décidant de se priver du charbon russe d’ici à la mi-août. La question du gaz, qui reste à ce jour la plus complexe, sera pour plus tard. Aujourd’hui, les Européens sont donc prêts à étudier la possibilité d’un embargo sur le pétrole russe, qui représente 26 % de leurs importations d’or noir.

La crainte d’une flambée des cours de l’or noir

Mais si les Européens arrêtent d’en acheter, Moscou pourra le vendre à d’autres, en l’exportant par bateau. Ces dernières semaines, les livraisons vers des pays comme l’Inde ou l’Egypte, que la Russie ne comptait pas parmi ses clients jusque-là, ont augmenté. Dans ce contexte, les Vingt-Sept ont multiplié les initiatives diplomatiques pour tenter de convaincre les pays tentés d’acheter du pétrole russe de ne pas jouer le jeu du Kremlin. Ursula von der Leyen, notamment, s’est rendue à New Delhi le 25 avril.

L’affaire est d’autant plus délicate qu’un embargo sur le pétrole pourrait se traduire par une nouvelle flambée des cours, qui atteignent déjà des sommets. « Si la Russie vend à des prix encore plus élevés à d’autres le pétrole qui nous était réservé, ce serait totalement contre-productif », note un diplomate.

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Par ailleurs, les conséquences sur la croissance d’une inflation dopée par un embargo sur le pétrole pourraient être dramatiques, sans parler du risque de voir des troubles sociaux rappelant le mouvement des « gilets jaunes » en France se manifester partout sur le continent. C’est pourquoi Ursula von der Leyen a décidé d’accorder quelques mois aux Etats membres, en espérant que ce délai leur suffira pour s’organiser.

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