Prêt-à-porter, élevage d’huître et écriture : à Baden, Laurence Mahéo rêve de réunir ses trois passions

Par Marion Vignal

Publié aujourd’hui à 09h15

Laurence Mahéo a créé la marque La Prestic Ouiston en 2010.

Le personnel de la brasserie du Lutetia, dans le 6arrondissement, à Paris, sait déjà ce que Laurence Mahéo va commander lorsqu’elle s’installe pour déjeuner au comptoir. Dans son assiette, à côté de quelques bulots, trônera forcément une demi-­douzaine d’huîtres de La Maison Mer, celles tout droit venues de son domaine ostréicole de Baden, dans le golfe du Morbihan.

« Des huîtres nées et élevées en mer, non traitées, donc saisonnières, précise-t-elle en appuyant doucement sur les mots. Contrairement aux triploïdes à la croissance accélérée produites en laboratoire, chimiquement modifiées pour être rendues stériles, que l’on trouve désormais toute l’année… Les consommateurs ne le savent pas, mais la majorité des huîtres qu’ils dégustent naissent dans des cuves et commencent leur vie dans un camion. » Redonner à l’huître son cycle de vie naturel et la réintégrer dans son milieu dès le début de son processus de croissance, par respect pour la nature, fait désormais partie des combats de Laurence Mahéo.

Chic alternatif

Long manteau de laine noir et sac Kelly élimé à la main, la styliste, créatrice, en 2010, de la marque de prêt-à-porter La Prestic Ouiston, n’a rien d’une ostréicultrice traditionnelle en bottes et ciré. Ce qu’elle est pourtant par pure conviction, en tant que membre fondatrice de l’association Ostréiculteurs traditionnels. Comment devient-on ostréicultrice tout en étant à la tête d’une maison de mode indépendante et en caressant le rêve de devenir écrivaine ?

La vie de Laurence Mahéo ressemble à un roman d’aventures. Son récit biographique mêle une grande histoire d’amour impossible, la création d’une « petite marque » devenue en quelques années une référence du chic alternatif, la figure d’un père ostréiculteur – perdu, retrouvé, puis brutalement décédé – et la double vie d’une femme devenue pour lui éleveuse d’huîtres sans renier ses autres passions.

Laurence Mahéo est à la tête du domaine ostréicole de Baden.

Son nouveau projet consiste à réunir ses centres d’intérêt dans un même endroit, au plus près de son identité : son village breton de Baden. Dès qu’elle a su que la boucherie du village était à vendre, l’entrepreneuse a aussitôt eu envie d’imaginer un lieu capable de faire fusionner l’ensemble de son univers.

Lire aussi Laurence Mahéo : « A la mort de mon père, il m’était impossible de me séparer de ses parcs ostréicoles »

D’ici au début de l’été, l’ancien commerce de bouche prendra la forme « d’une sorte de bazar de la plage » réunissant ses nouvelles collections La Prestic Ouiston (des pièces à la fois cool et sophistiquées), les livres qu’elle écrit et publie au sein de sa propre maison d’édition (ElleAime) et ses collections d’assiettes en biscuit réalisées avec la faïencerie de Gien. Sans oublier une table, avec un chef en résidence et à la carte les huîtres de La Maison Mer, nées et élevées sur place.

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