Saint-Etienne-du-Rouvray : au procès, le poids des absents, les attentes des présents

Le procès de l’assassinat du père Hamel, tué à coups de couteau dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) par deux djihadistes en juillet 2016, s’est ouvert lundi 14 février devant la cour d’assises spécialement composée de Paris. Mais dans ce procès très attendu, les absents pèsent autant que les présents.

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Premiers absents : les deux auteurs, Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, tués par les forces de police alors qu’ils sortaient de l’église bardés d’explosifs factices. Absent aussi, Rachid Kassim, l’agent traitant des deux jeunes terroristes au sein de l’organisation Etat islamique (EI). C’est lui qui les a incités, exhortés à passer à l’acte, leur suggérant différentes cibles. Seul des quatre accusés du procès à être mis en cause pour « complicité d’assassinat terroriste », il est présumé mort dans un bombardement en Irak en février 2017 et sera donc jugé en absence.

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Absente aussi la mère de Rachid Kassim, qui, convoquée par le tribunal, a fait savoir qu’elle ne voulait pas témoigner sur « cet individu », dont elle « ne veut plus parler ». Absentes également, les trois religieuses qui ont assisté à l’assassinat du père Hamel, dont le tribunal a accepté les certificats médicaux. Elles n’ont pas souhaité se constituer parties civiles, estimant que ce n’était « pas leur place », contrairement à l’archevêque de Rouen, Mgr Lebrun, présent lundi à l’ouverture du procès.

Les parents d’Adel Kermiche finalement présents

Guy Coponet, 92 ans, qui assistait aussi à la messe du père Hamel avec sa femme et avait été grièvement blessé, était bien présent, lui aussi. Il veut « comprendre, à travers le procès, comment des jeunes tout juste sortis de l’adolescence en sont arrivés à commettre de telles horreurs », a expliqué son avocat, Me Méhana Mouhou, à l’Agence France-Presse. Avant de le blesser grièvement et de le laisser pour mort, Kermiche et Petitjean l’avaient forcé à filmer l’assassinat de Jacques Hamel avec un téléphone portable.

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« Si ceux qui sont responsables pouvaient demander pardon à tous ceux à qui ils ont fait de la peine, je pense qu’on aura gagné notre journée », a espéré M. Coponet. On en saura plus au fil des audiences sur le rôle exact de Farid Khelil, Yassine Sebaihia et Jean-Philippe Jean Louis, détenus depuis plus de cinq ans et accusés tous trois d’« association de malfaiteurs terroriste », et non de complicité. Mais l’ordonnance de mise en accusation leur attribue un rôle périphérique. « Sont-ils coupables ? De quoi ? », s’interroge Mgr Lebrun.

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