Au Royaume-Uni, une résurgence préoccupante du Covid-19

Les médias n’en parlent presque plus, le ministre de la santé, Sajid Javid, ne voit « pas de raison de s’inquiéter » pour les quelques cas du nouveau variant Deltacron – il possède les caractéristiques des variants Omicron et Delta – détectés, pour autant les experts s’inquiètent car l’épidémie de Covid-19 repart fortement au Royaume-Uni.

Sur les sept derniers jours, plus de 534 000 nouveaux cas positifs ont été enregistrés, soit une hausse de 44 % et les hospitalisations sont également reparties significativement à la hausse (+ 22 %), avec plus de 11 500 patients hospitalisés. Désormais 14 078 patients sont soignés à l’hôpital principalement pour une infection au SARS-CoV-2. Le nombre de patients sous respirateur reste en revanche très faible (281) et les décès (dans les vingt-huit jours suivant un test positif) sont stables : environ 105 par jour sur la dernière semaine. A en croire l’Office national des statistiques, considéré comme la source d’information la plus fiable depuis le début de la pandémie, une personne sur vingt-cinq avait été testée positive en Angleterre durant la semaine s’étant achevée le 5 mars. La proportion était d’une personne sur trente au Pays de Galles, une sur treize en Irlande du Nord et une sur dix-huit en Ecosse (plus de 5 % de la population).

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Ces hausses sont pour l’instant surtout attribuées à la nouvelle souche du variant Omicron, BA.2, qui pourrait être jusqu’à 40 % plus transmissible que la souche initiale – mais a priori, pas plus virulente. Dans sa dernière étude REACT (effectuée auprès de 95 000 tests entre le 8 février et le 1er mars), l’Imperial College London estime que près de la moitié des nouveaux cas positifs, au 21 février (47,2 %) étaient dus au variant BA.2.

Pression sur l’hôpital public

« Nous avons un aperçu de ce à quoi ressemble le retour à une situation prépandémique, mais ça n’est pas brillant », souligne dans le Financial Times John Edmunds, professeur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine. « Les prédictions pariant sur une accalmie printanière se sont peut-être trompées. Il me semble qu’en raison de l’émergence du variant BA.2, nous nous installons dans une situation prolongée de forte prévalence [du virus], entraînant une pression continue sur le NHS [National Health Service, le système de santé public britannique] », ajoute ce membre du SAGE, le groupe de scientifiques conseillant le gouvernement Johnson.

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« La présence accrue du sous-variant BA.2 et la récente hausse des infections chez les plus de 55 ans prouvent que la pandémie n’est pas terminée et que nous devons nous attendre à une circulation forte du virus », a prévenu début mars la docteure Jenny Harries, directrice exécutive de l’Agence britannique de sécurité de la santé. Mais pas question pour le gouvernement Johnson de renoncer à sa politique décrétée fin février. Depuis le 24 février, les personnes positives ne seront plus obligées de se mettre en quarantaine – le port du masque obligatoire et les passeports vaccinaux ont été abandonnés dès janvier.

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