« Carrie Antoinette » Johnson, la femme du premier ministre britannique que le camp conservateur déteste

Rarement femme de premier ministre britannique aura suscité autant d’intérêt, de critiques et probablement de fantasmes. A 33 ans, Carrie Johnson – née Symonds, mère de Wilfred, 2 ans, et de Romy, 2 mois –, crinière blonde, nez pointu et yeux rieurs, est une figure séduisante et puissante, à qui des journalistes et des membres du Parti conservateur prêtent désormais une influence considérable, voire néfaste, sur son mari, Boris Johnson, de vingt-quatre ans son aîné.

Auteur d’un livre à charge à paraître le 29 mars, dont le Sunday Times diffuse les bonnes feuilles depuis début février, Lord Michael Ashcroft, ex-chef adjoint des tories, prétend que « le comportement de Carrie Johnson empêche le premier ministre de diriger le Royaume-Uni aussi efficacement que ses électeurs le méritent ».

L’homme d’affaires, âgé de 75 ans, est un habitué des biographies au lance-flammes. En 2015, il avait déjà publié un Call Me Dave (non traduit) corrosif sur l’ex-premier ministre David Cameron. Dans First Lady (non traduit), s’appuyant sur des sources anonymes, il accuse Carrie Johnson de « vouloir tout contrôler », y compris les nominations aux postes-clés de Downing Street.

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Ces attaques ne sont qu’une « nouvelle tentative pour discréditer Mme Johnson venant d’ex-responsables aigris », a commenté un porte-parole de la jeune femme. Avant d’ajouter que cette dernière agit « en tant que personne privée et ne joue aucun rôle dans le gouvernement [du pays]. » Pour les soutiens de Carrie Johnson, le livre de Lord Ashcroft ne serait qu’un tissu de mensonges.

Lady scandales

Il n’empêche : le nom de l’épouse du premier ministre revient de manière troublante et répétée dans des affaires récentes, notamment le « partygate », qui menacent directement le mandat de son mari. C’est elle qui aurait organisé la fête d’anniversaire de Boris Johnson, en juin 2020, à Downing Street, quand les réunions de plus de deux personnes étaient encore prohibées. Elle aurait aussi participé à une soirée, en novembre 2020, dans l’appartement de fonction qu’elle occupe avec son mari au 11 Downing Street : les tubes du groupe suédois ABBA ont résonné par les fenêtres jusque très tard dans la soirée. Ces fêtes en plein confinement font désormais l’objet d’une enquête de police.

Cette militante des droits animaux – elle a travaillé pour l’ONG Oceana et œuvre désormais pour la Fondation Aspinall (qui réintroduit en milieu sauvage certaines espèces menacées élevées en captivité) – aurait aussi joué un rôle dans le sauvetage d’un chenil à Kaboul, en Afghanistan, au mois d’août 2021. Cette opération rocambolesque a fait scandale : la vie d’une grosse centaine de chiens et de chats, qui n’était pourtant pas menacée par les talibans, aurait été privilégiée sur celle des humains.

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