Charles Rivkin, président de la Motion Picture Association of America : « Le public revient au cinéma »

Ancien ambassadeur des Etats-Unis en France (de 2009 à 2013), puis secrétaire d’Etat adjoint aux affaires économiques et commerciales aux Etats-Unis jusqu’en janvier 2017, Charles Rivkin préside, depuis cette date, la Motion Picture Association of America (MPAA). Cette association, créée en 1922, regroupe les cinq studios hollywoodiens ainsi que Netflix, et promeut les intérêts de l’industrie américaine du cinéma et de la télévision. Il dénonce sans ambages les difficultés d’accès des studios américains en Chine.

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L’industrie du film hollywoodienne sort très affaiblie de la crise sanitaire, avec des recettes au box-office à 4,5 milliards de dollars (4 milliards d’euros), en recul de 60 % par rapport à 2019. Qu’en est-il ?

C’est vrai par rapport aux niveaux « prépandémiques », mais notre industrie a passé la crise. Notre gouvernement a pris des mesures pour réduire les pertes, mis en place des fonds d’urgence ainsi que des aides financières. La MPAA a aidé le secteur à sécuriser les emprunts des PME, les allocations-chômage, les assurances pour les tournages et les campagnes visant à favoriser le retour des spectateurs dans les salles obscures. Aujourd’hui, la production a bien redémarré. Pour ce qui est de la supposée mauvaise santé de la filière, les producteurs de Spider-Man ne seraient pas d’accord : ce film a déjà réalisé 1,8 milliard de dollars au box-office, signe que le public revient au cinéma. Cela donne un sentiment d’espoir quant à la reprise des affaires.

Après Netflix, Amazon va-t-il rejoindre la MPAA ? L’intégration des plates-formes est l’évolution majeure de votre mandat, mais cela ne revient-il pas à faire entrer le loup dans la bergerie ?

Qui est le mouton, qui est le loup ? Les membres de la MPAA sont Disney, Paramount, NBCUniversal, Warner Brothers, Sony et Netflix. Les studios cherchent à concurrencer Netflix avec leurs propres services de streaming. Sur nombre de points, ils se ressemblent. Tous sont des créateurs de contenus et plusieurs distribuent aussi leurs programmes en streaming à des abonnés. Je ne pense pas que l’image du loup dans la bergerie soit correcte. A la MPAA, nous protégeons les œuvres et leurs créateurs. Nous sommes agnostiques vis-à-vis des écrans. Des films extraordinaires peuvent être projetés sur un écran géant en 3D Imax ou regardés depuis un canapé.

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Depuis les frères Lumière, le cinéma a toujours été confronté à des défis, entre l’arrivée du parlant, la création de l’Imax, de la 3D, la vidéo… Avec la pandémie, notre industrie s’est montrée extrêmement résiliente, et nous continuons à nous réinventer. Pour moi, Netflix, c’est ce qui m’a permis de voir Le Bureau des légendes, Arsène Lupin ou Dix pour cent aux Etats-Unis. La France développe aussi sa culture grâce en partie au streaming. C’est très positif.

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