Chine – Etats-Unis : en 2015, Obama pris dans les remous de la militarisation en mer de Chine méridionale

Par Bruno Philip

Publié aujourd’hui à 01h07, mis à jour à 02h10

« La Chine n’a pas l’intention de poursuivre la militarisation [de la mer de Chine méridionale] » : la phrase est prononcée, le 25 septembre 2015, à Washington, dans les jardins de la Maison Blanche, par le président chinois Xi Jinping. Après s’être entretenu pour la sixième fois depuis son accession au pouvoir avec son homologue américain Barack Obama, le maître de Zhong Guo – « le pays du Milieu » – lit son discours, ton monocorde et visage de marbre, devant les journalistes rassemblés pour une conférence de presse.

« Pas l’intention de… » La phrase est historique, car elle va alimenter le dossier – à charge – des pourfendeurs de la politique menée par Barack Obama à l’égard de la Chine, au mitan des années 2010 : les critiques de l’administration Obama (2009-2017) soutiennent que l’ancien président a échoué à se donner les moyens de « contenir » la Chine, à l’époque en pleine ascension économique et stratégique. Pour eux, l’exemple le plus frappant de cet « échec », c’est la militarisation d’îles revendiquées par Pékin en mer de Chine méridionale, un espace disputé par pas moins de six pays de la région, Chine comprise.

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Si l’on en croit ses détracteurs, M. Obama n’aurait rien fait pour empêcher ce processus qui a déséquilibré l’équilibre stratégique en vigueur jusque-là dans les zones occidentales de l’océan Pacifique. Des images satellites, obtenues en décembre 2016 par un centre de recherche américain indépendant, vont donner du grain à moudre aux critiques de M. Obama. Et, alors que s’achevait le second mandat du président, permettre à ses adversaires de lui faire un procès en naïveté, voire en incompétence, dans le domaine des affaires internationales.

Diffusées par le think tank Asia Maritime Transparency Initiative, ces images vont montrer que « la Chine semble avoir construit des capacités de système de défense d’importance significative » et « probablement mis en place des canons antiaériens ». En fait, des mois avant les assurances données par Xi Jinping à la Maison Blanche, les Chinois avaient commencé à construire des îlots artificiels dans les Spratleys, ensemble d’îles situées entre les Philippines et le Vietnam, deux des pays revendiquant une partie des zones disputées. A ce jour, sept îles ont été « poldérisées » par Pékin, plusieurs étant dotées de radars et de rampes lance-missiles, de ports et de pistes d’atterrissage pouvant accueillir des chasseurs bombardiers et des avions de transport. Les promesses de Xi n’étaient donc que mensonges.

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