Dans la Birmanie en proie à la guerre civile, le trafic d’espèces protégées explose

Un marché aux oiseaux de Bangkok, sur une photo non datée.

La pandémie et l’instabilité politique ont donné un sérieux coup de fouet au commerce d’espèces sauvages en Birmanie, à en croire un rapport publié début avril par la section Asie-Pacifique du Fonds mondial pour la nature (WWF). L’ONG a constaté dans ce pays un quasi-doublement du nombre d’animaux proposés à la vente sur Facebook en 2021 – près de 11 046 (dont 96 % d’animaux vivants) – par rapport à 2020, où une enquête similaire avait été menée.

La Birmanie, dont plusieurs régions sont des réservoirs de biodiversité, est déjà identifiée comme un hub pour le trafic d’animaux sauvages protégés : c’est le cas depuis des années de zones proches de la frontière chinoise, sous contrôle de milices armées âpres au gain. La plus célèbre de ces enclaves de non-droit est Mong La, dans le Triangle d’or, à la frontière avec le Yunnan chinois : cette ville de casinos et de maisons de prostitution, où tout se paie en monnaie chinoise, a longtemps proposé sur ses marchés des animaux vivants, mais aussi toutes sortes de produits provenant de fauves, d’ours ou de cervidés prisés pour leurs vertus prétendument curatives ou aphrodisiaques par les visiteurs chinois.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Tortues, perroquets, rapaces… la faune sauvage victime de la cybercriminalité

Or, le Covid-19 a quelque peu perturbé ces « supermarchés de la vie sauvage » : les frontières chinoises sont toujours fermées hermétiquement, du moins aux personnes, et le temps des passages clandestins de frontière est terminé. En outre, la Chine, dont le marché de Wuhan – au rôle toujours incertain mais qui a été mis en cause dans l’émergence de la pandémie – vendait plusieurs types d’animaux sauvages, a décrété, en 2020, une interdiction stricte de la vente, de la consommation et du transport d’animaux sauvages sur tout son territoire. Cette dernière restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés En Chine, de nouvelles mesures de protection pour le pangolin

Par ailleurs, le coup d’Etat militaire du 1er février en Birmanie a fait passer au second plan les efforts du précédent gouvernement, celui d’Aung San Suu Kyi, aujourd’hui emprisonnée, pour appliquer une nouvelle loi sur la protection de la biodiversité adoptée en 2018 et renforcée en 2020 avec un total de 90 espèces « complètement protégées ». Leur vente ou possession est lourdement sanctionnée – sauf pour un petit nombre dans le cadre d’un élevage encadré par des licences. Or, l’armée et la police sont aujourd’hui accaparées par la résistance armée contre le coup d’Etat qui a embrasé une bonne partie du pays. A quoi s’ajoutent la corruption et l’état critique de l’économie, propices à une recrudescence des trafics en tout genre, dont celui de drogue, mais aussi le commerce d’espèces rares.

Il vous reste 53.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

We would like to give thanks to the author of this write-up for this outstanding web content

Dans la Birmanie en proie à la guerre civile, le trafic d’espèces protégées explose

Travors