Dette argentine : les négociations avec le Fonds monétaire international restent irrésolues

L’Argentine a assuré qu’elle honorerait le versement de près de 1,9 milliard de dollars (1,7 milliard d’euros) dû au Fonds monétaire international (FMI), le mercredi 22 décembre. Déjà, au mois de septembre, le pays avait payé rubis sur l’ongle une échéance du même ordre, pour rembourser le prêt de 44 milliards de dollars (évalué aujourd’hui à 45 milliards de dollars, en raison de la fluctuation du panier de devises), contracté par Mauricio Macri (centre droit, 2015-2019), en 2018.

Mais ensuite ? Les négociations de cette dette « insoutenable », selon le diagnostic du FMI comme du gouvernement argentin, patinent depuis près de deux ans. La différence par rapport au moment où les discussions ont commencé est que le temps n’a jamais autant pressé, avec un calendrier des paiements asphyxiant. En effet, l’essentiel des échéances est concentré en 2022 et en 2023, avec environ 19 milliards de dollars à rembourser chaque année.

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L’état actuel des réserves ne laisse aucun doute sur la nécessité d’une restructuration : elles s’élèvent à 6 milliards de dollars net (selon les cabinets privés), un maigre butin dont le pays a par ailleurs besoin pour régler ses importations, en hausse avec le rebond de l’économie.

A l’issue d’une mission argentine à Washington, le FMI a déclaré, vendredi 10 décembre, que « de plus amples discussions [seraient] nécessaires ». Le même jour, le président, Alberto Fernandez (centre gauche), assurait, face à une foule rassemblée à Buenos Aires pour fêter les trente-huit ans du retour à la démocratie dans le pays : « L’Argentine des plans d’austérité [du FMI], c’est de l’histoire », en référence à la discipline budgétaire à marche forcée mise en place pour répondre aux engagements pris auprès de l’institution internationale, en 2001, et au souvenir amer laissé à la population.

« Situation complexe »

« Si l’on n’a pas conclu d’accord avec le fonds, c’est parce que l’on ne va pas se mettre à genoux », a rappelé M. Fernandez, fin octobre. Il réaffirme ainsi qu’il n’acceptera pas un accord assorti des traditionnelles conditions du FMI en vue d’une discipline budgétaire, comme une baisse du régime des aides publiques, une refondation du système des retraites ou une flexibilisation du marché du travail.

« La situation est complexe, car en 2022, le pays doit aussi verser 1 milliard de dollars aux créanciers privés et une dette de 2,2 milliards de dollars avec le Club de Paris doit encore être renégociée », remarque Pedro Martinez, économiste au sein du cabinet de conseil PxQ. En 2020, le pays a déjà restructuré sa dette contractée auprès des créanciers privés, portant sur plus de 100 milliards de dollars. « Ce qui est en jeu avec le FMI, c’est une éventuelle période de grâce jusqu’en 2026 », observe Pablo Ferrari, économiste à l’université d’Avellaneda. Le pays marche sur un fil : « Pour l’Argentine, le bon accord est celui qui n’implique pas de mesures d’austérité. Mais, même dans le cas d’un tel accord, si entre-temps le pays ne parvient pas à consolider l’investissement, les paiements continueront d’être repoussés indéfiniment, ce qui génère encore plus d’instabilité », poursuit Pedro Martinez.

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