Devant le Congrès, Joe Biden souligne l’isolement de la Russie

Le discours annuel sur l’état de l’Union, pour un président américain et ses conseillers, est une affaire de polissage. Chaque thème, chaque phrase sont pesés pendant des semaines, avant d’être prononcés devant les élus au Congrès. Pour sa première, Joe Biden comptait remettre son action en perspective, insister sur les avancées économiques de son début de présidence et dessiner un chemin volontariste en cette année marquée par les élections de mi-mandat, en novembre. Il s’agit de surmonter l’épidémie de Covid-19, l’inflation galopante, les divisions intérieures, alors que la popularité du démocrate flotte dangereusement autour de 40 % dans les sondages. Tout cela fut bien évoqué, mardi 1er mars, dans un Capitole bondé. Mais le président américain, très offensif et résolu, a d’abord parlé de l’Ukraine.

« Quand l’histoire de cette ère sera écrite, la guerre de Poutine contre l’Ukraine aura laissé la Russie plus faible et le reste du monde plus fort », a souligné Joe Biden, en estimant que « les démocraties se montrent à la hauteur du moment » dans la lutte contre les autocraties. Le président américain a évoqué les « mauvais calculs » de Vladimir Poutine, « isolé du monde plus que jamais » après avoir « rencontré le mur de force » qu’est le peuple ukrainien. « Nous avons contré les mensonges de la Russie avec la vérité. Et maintenant que [Poutine] a agi, le monde libre le tient pour responsable. »

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Cette formule de « monde libre », forgée à l’époque de la guerre froide, dit l’âge de son auteur, ou bien sa volonté de résumer de façon élémentaire le front commun contre Moscou. Joe Biden n’a quasiment pas évoqué la Chine, ignoré le retrait d’Afghanistan, peu évoqué le coût possible de la guerre en Ukraine pour les consommateurs américains. Au lieu de dramatiser, il a voulu rassurer. Au lieu de préparer les Américains à des scénarios pessimistes, il a prétendu que tout avait été anticipé. Au lieu de promettre de la sueur et des larmes, il a dessiné des lendemains qui chantent.

Rassurer le public américain

Président de guerre économique, refusant d’impliquer directement son armée dans un nouveau conflit extérieur, Joe Biden cherche à la fois à illustrer sa détermination d’airain contre Moscou et à rassurer le public américain. Elu pour surmonter les fractures intérieures, désireux de réorienter radicalement son pays vers la compétition avec la Chine, voici Joe Biden absorbé par un conflit sorti des âges reculés, au milieu du continent européen. Avec, en face, un acteur politique, Vladimir Poutine, dont la rationalité et l’équilibre ne sont plus considérés comme acquis. « A travers notre histoire, nous avons appris la leçon suivante : lorsque les dictateurs ne paient pas un prix pour leurs agressions, ils causent davantage de chaos, a déclaré Joe Biden. Ils continuent à avancer. Et les coûts et les menaces pour les Etats-Unis et le monde continuent à croître. »

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