Dix ans après les attentats commis par Mohammed Merah, l’hommage aux victimes de « la barbarie »

Dix ans après les attentats perpétrés par Mohammed Merah, qui ont fait sept morts, dont des enfants juifs, Emmanuel Macron et le président israélien, Isaac Herzog, ont rendu hommage, dimanche 20 mars à Toulouse, aux victimes de « la barbarie ». « Nous sommes là ensemble pour ceux qui ont été frappés par la barbarie pour leur dire que nous les soutenons », a souligné le président français en clôturant une cérémonie émouvante, aux côtés de son homologue israélien et de ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Avant le discours des deux présidents, Samuel Sandler, père et grand-père de Jonathan, Gabriel et Arié, tués en mars 2012, a pris la parole devant quelque deux cents personnes. « Depuis ce carnage, je vis sous anesthésie, comme un fantôme. Leur absence me hante », a-t-il dit devant une assistance bouleversée, estimant que « la guerre » contre les siens, les juifs, « n’a jamais cessé ».

Le 19 mars 2012, vers 8 heures à l’école juive Ozar Hatorah, rebaptisée Ohr Torah, deux enfants, Myriam Monsonégo, 8 ans, et Gabriel Sandler, 3 ans, ont été abattus à bout portant dans la cour de récréation par Mohammed Merah, un délinquant radicalisé âgé de 23 ans. Quelques secondes avant, Arié Sandler, 6 ans, et son père, Jonathan Sandler, avaient aussi succombé aux balles du tueur au scooter.

« Nous n’avons pas baissé la tête »

Dénonçant des « raids diaboliques », rendant hommage aux victimes une par une, Emmanuel Macron a rappelé que, « ce jour-là, pour la première fois en France, une école était le champ de bataille du fondamentalisme islamiste ». Au-delà des « vies innocentes fauchées », c’est un « pays tout entier qui était frappé au cœur par la folie destructrice et la religion trahie », a-t-il dit. Ces « enfants purs et innocents », tués par « un vil assassin, plein d’une haine brûlante », « Dieu les vengera », a souligné de son côté Isaac Herzog, le président israélien.

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Emmanuel Macron a ajouté : « Nous sommes plus forts que les terroristes, nous tenons, nous n’avons pas baissé la tête, nous n’avons pas baissé les bras ». Dans l’après-midi, les deux dirigeants avaient déposé une gerbe dans la cour de l’école Ohr Torah, au pied de « l’arbre de vie », un monument en hommage aux victimes.

Mohammed Merah avait démarré son périple meurtrier une semaine plus tôt pour abattre, à Toulouse puis à Montauban, trois militaires, Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad, et provoquer des blessures irréversibles à un quatrième soldat, Loïc Liber, devenu tétraplégique.

Le 15 mars 2022, une cérémonie a rendu hommage au caporal Abel Chennouf et au première classe Mohamed Legouad, tués dix ans auparavant par Mohammed Merah à Montauban.

Près de deux mille personnes étaient invitées pour les cérémonies, organisées par le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Dimanche matin, avant l’arrivée de MM. Macron et Herzog, la cour de l’école s’est d’abord remplie d’anciens élèves, témoins de l’attaque, venus des quatre coins du monde pour une cérémonie poignante autour du rabbin et directeur de l’établissement, Yaacov Monsonégo, dont la fille Myriam a péri sous les balles de Mohamed Merah.

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« La douleur est intense, ce qui s’est passé a été traumatisant et l’absence ne sera jamais comblée, mais c’est la volonté de vivre et la solidarité au sein de l’établissement qui seront les plus fortes », a témoigné Ava Ouaknine, 19 ans, amie de Myriam Monsonégo.

Le Monde avec AFP

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