Embellie de la diplomatie gazière entre l’Italie et l’Algérie

L’Algérie affiche une embellie diplomatique avec l’Italie qui prend un sens particulier alors que l’Europe prospecte pour des alternatives au gaz russe, guerre en Ukraine oblige. Les récents ballets de visites de responsables italiens à Alger, où l’on déroule le tapis rouge au géant énergétique Ente Nazionale Idrocarburi (ENI) – déjà historiquement bien traité – témoignent d’une atmosphère des plus cordiales. L’Italie était devenue, ces dernières années, de plus en plus dépendante des approvisionnements énergétiques russes (40 % de ses importations en gaz, soit environ 30 milliards de mètres cubes [m3]). Elle lorgne désormais plus que jamais le gaz algérien, alors qu’il lui faut impérativement diversifier ses achats à l’étranger, en particulier en Méditerranée.

La relation économique globale entre les deux pays s’est certes toujours bien portée. L’Italie est le troisième fournisseur de l’Algérie (derrière la Chine et la France) et son premier client (devant la France et l’Espagne). Elle est en outre le premier investisseur étranger, un statut dû au poids que représente ENI sur le sol algérien. L’histoire y a une large part. La figure tutélaire du dirigeant historique de la société, Enrico Mattei (1906-1962), homme politique démocrate-chrétien qui fut un grand promoteur de l’Algérie indépendante (décédé en 1962 après un mystérieux accident d’avion), a toujours fait office de pont entre les deux pays.

Une entreprise « amie »

« ENI est une entreprise considérée comme étant amie de l’Algérie, amie de la révolution algérienne de l’époque, relève Akram Kharief, expert algérien en sécurité et fondateur du site Menadefense. Il est très difficile de rivaliser avec elle. » Ces dernières semaines, la glorification dans la presse algérienne de cette mémoire a atteint des niveaux inégalés. « L’estime envers l’Italie se ressent chez les gens du peuple », pouvait-on lire, le 30 mars, dans un éditorial du quotidien officiel El Moudjahid.

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La mise en scène, à Alger, de l’amitié avec l’Italie ne date pas de la guerre en Ukraine. L’accueil de marque réservé dans la capitale algérienne au président de la République italien, Sergio Mattarella, lors d’une visite, en novembre 2021, avait déjà envoyé un premier message en pleine crise entre Alger et Paris. Les récentes turbulences algéro-espagnoles sur le dossier du Sahara occidental – à la suite des concessions faites par Madrid à Rabat – ont ajouté à l’italophilie ambiante en Algérie. Les propos du patron de la société publique algérienne Sonatrach, Toufik Hakkar, le 1er avril, évoquant la possibilité de « recalculer » le prix du gaz vendu aux Espagnols, annoncent un probable basculement à terme d’une partie des approvisionnements de l’Espagne vers l’Italie.

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