En Pologne, la « gare routière Europe », symbole de la solidarité européenne envers les réfugiés ukrainiens

Par Jakub Iwaniuk

Publié aujourd’hui à 15h30

Le hangar central de la halle des expositions PTAK de Nadarzyn, à vingt-cinq kilomètres de Varsovie, a été rebaptisé et arbore depuis un mois un immense panneau en lettres cyrilliques indiquant « gare routière Europe ». A l’intérieur, dans une salle d’attente, plusieurs dizaines de réfugiés ukrainiens patientent. Beaucoup ont le visage tétanisé par les toutes récentes nouvelles d’atrocités attribuées à l’armée russe dans les faubourgs de Kiev. « Le bus pour Grenade partira entre 16 heures et 18 heures. Il reste encore des places », annonce une voix au microphone. Une file d’attente ne tarde pas à se former.

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L’endroit impressionne tant par sa taille, sa capacité, que par l’efficacité de son organisation. La halle était, avant la guerre, un haut lieu de l’événementiel de la région de Varsovie avant de devenir, en l’espace de quelques jours, le plus grand centre d’accueil de réfugiés de Pologne. Sur six immenses hangars et 60 000 mètres carrés, 5 000 personnes y séjournent. Ils étaient 8 000 au pic de la crise, mi-mars. Même si, dans les moments les plus critiques, il est resté en deçà de ses capacités d’accueil – 10 000 lits disponibles, potentiellement le double – il reste avant tout un centre de transit majeur et un symbole de la solidarité européenne dans cette crise migratoire.

Des réfugiés ukrainiens à la halle des expositions PTAK de Nadarzyn, près de Varsovie, le 6  avril 2022.
Un jeune ukrainien se distrait avec un téléphone au centre d’accueil situé dans la halle des expositions PTAK de Nadarzyn, près de Varsovie, le 6  avril 2022.

Chaque jour, quelques bus – une vingtaine au pic de la crise – y partent pour les quatre coins de l’Union européenne (UE), de Lisbonne à Stockholm. « Nous ne sommes pas un camp de réfugiés, précise la coordinatrice du complexe, Agnieszka Typiak. Les personnes restent ici en moyenne trois jours. Il y a un groupe présent depuis le début de la guerre, mais il compte à peine une centaine de personnes. » Près de 65 000 réfugiés ont déjà transité par le centre PTAK depuis le début du conflit. « Des organisations publiques ou privées, des ONG de toute l’Europe nous signalent leur volonté d’affréter des bus. Les services de l’Etat vérifient la fiabilité de ces organisations avant de leur donner le feu vert. »

« Ils partent souvent à l’aveugle »

Ce mardi 5 avril, l’évêché de Grenade (Espagne) a dépêché deux bus, dont un médicalisé, qui embarqueront 90 personnes. Toute la logistique est gérée par des bénévoles. « Nous leur assurons non seulement le transport, mais aussi l’accueil dans des familles sur place, des logements particuliers et des opportunités de vie : permis de résidence, travail, scolarisation et cours de langue, souligne Montse Caballeio, bénévole espagnole pour l’organisation polonaise Prometeusz. En cinq semaines, nous avons transféré plus de 3 000 personnes vers toute l’Espagne. »

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