Enquête ouverte en Centrafrique après l’arrestation de quatre militaires de l’armée française

La Centrafrique a ouvert une enquête mardi 22 février après l’arrestation la veille à Bangui de quatre militaires du corps de la Légion étrangère de l’armée française opérant sous la bannière de l’Organisation des Nations unies (ONU) et accusés sur les réseaux sociaux d’avoir voulu « assassiner » le chef de l’Etat.

Cette annonce survient le jour même où la France et les Etats-Unis ont accusé par la voix de leurs ambassadeurs devant le Conseil de sécurité de l’ONU les « mercenaires » de la société russe de sécurité privée Wagner d’avoir « exécuté » et « massacré » des dizaines de civils. Et de mener une campagne « systématique » de « terreur » en Centrafrique où ils combattent les rebelles aux côtés de l’armée régulière.

Les quatre « légionnaires » arrêtés lundi devant l’aéroport de Bangui étaient lourdement armés et en treillis, « de nationalité française, italienne, roumaine et bulgare », et circulaient à bord d’un véhicule banalisé non siglé ONU, a indiqué le procureur de la République de Bangui mardi soir en annonçant l’ouverture d’« une enquête régulière pour faire la lumière sur les faits ».

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Ils escortaient le général français Stéphane Marchenoir, chef d’état-major de la force de maintien de la paix en Centrafrique (Minusca) à l’aéroport, où il prenait un avion pour Paris, avaient assuré alors l’armée française et l’ONU.

Mais ils avaient été accusés aussitôt sur de nombreux comptes privés sur les réseaux sociaux, avec force photos de leurs équipements, d’avoir voulu « assassiner » le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, dont le convoi devait passer au même endroit, ce que Paris et l’ONU avaient immédiatement démenti avec force, dénonçant une « désinformation » et une « manipulation grossière ».

Relations de plus en plus tendues

A bord d’un « véhicule suspect », en possession de quatre pistolets automatiques, trois fusils d’assaut, une mitrailleuse et des grenades, les quatre hommes se trouvaient « à moins de 30 mètres du passage du convoi présidentiel », a assuré le procureur Lengande, ajoutant : « Le véhicule était suivi par les services de renseignements de la police depuis deux mois. »

Un haut responsable de l’ONU en Centrafrique a rencontré le président Touadéra afin d’obtenir « au plus vite » la libération des quatre militaires, a indiqué le porte-parole de l’ONU à New York.

Cet incident est survenu au moment où les relations entre la France et son ancienne colonie sont de plus en plus tendues, exacerbées par une féroce guerre d’influence entre Paris et Moscou, dans ce pays en guerre civile depuis 2013.

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La France reproche à la Centrafrique d’être « complice » d’une campagne antifrançaise orchestrée par Moscou notamment par d’innombrables trolls sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Et Moscou reproche à Paris d’accuser les paramilitaires de Wagner d’avoir fait main basse sur le pouvoir et les ressources du pays.

Le Monde avec AFP

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