Guerre en Ukraine : Chrystia Freeland, en première ligne contre Poutine

Au quatrième jour de l’intervention russe en Ukraine, dimanche 27 février, Chrystia Freeland s’est fondue dans le rassemblement organisé à Toronto par le Congrès des Ukrainiens canadiens : sous une banderole aux couleurs du pays agressé, la vice-première ministre et ministre des finances de Justin Trudeau, vêtue d’une tunique traditionnelle blanche, toute de fils rouges brodée, a scandé avec la foule de quelques centaines de personnes son soutien à l’Ukraine. Invitée à prendre la parole, elle a mêlé anglais et ukrainien pour dire son « admiration au peuple et aux dirigeants ukrainiens, qui se battent pour nos valeurs, leur démocratie et les démocraties du monde entier ».

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Quelques jours plus tôt, le 24 février, alors que les premiers chars russes traversaient les frontières du pays voisin, la même, devant les députés de la Chambre des communes martelait le message du gouvernement canadien, « l’attaque barbare de la Russie ne peut pas et ne sera pas autorisée à réussir ». Dès les premières heures de la guerre, elle s’est retrouvée en première ligne aux côtés du premier ministre canadien pour soutenir toutes les sanctions américaines et européennes visant à isoler Vladimir Poutine. Une source diplomatique canadienne affirme même qu’elle a été une de celles qui a pesé auprès des Etats-Unis afin qu’ils avalisent la décision de cibler la Banque centrale russe, pour priver le régime de milliards de réserves de devises étrangères ; elle encore qui était à la manœuvre pour exclure de nombreuses banques russes de la plate-forme interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale.

Chrystia Freeland, régulièrement pressentie pour succéder à Justin Trudeau à la tête du Parti libéral, est aujourd’hui la plus éminente représentante de la vaste communauté ukrainienne, arrivée au Canada par vagues successives d’immigration depuis la fin du XIXe siècle. Avec près de 1,4 million de citoyens d’origine ukrainienne, cette diaspora, principalement installée dans les provinces de l’ouest du territoire canadien, est la plus importante après celle établie en Russie.

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« Bourgeoise antisoviétique »

C’est à sa famille maternelle que l’actuelle vice-première ministre doit ses racines ukrainiennes. Sa mère, Halyna Chomiak Freeland, née en Allemagne à la fin de la guerre dans un camp de réfugiés ukrainiens, a émigré avec sa famille au Canada au début des années 1950. Devenue une ardente militante de gauche, féministe, elle est repartie vivre à Kiev en 1992 pour participer auprès de l’ONG Ukrainian Legal Foundation à l’écriture de la Constitution du pays désormais indépendant. Nourrie de cet héritage familial – elle parle l’ukrainien et le russe couramment, en plus de l’anglais, du français et de l’italien –, Chrystia Freeland ne va cesser, tout au long de son parcours universitaire puis professionnel, de cultiver son attachement à ses origines.

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