Guerre en Ukraine : interpellé par Zelensky, Biden accentue le soutien militaire à Kiev

Pour convaincre les Américains de s’intéresser au monde extérieur, il est recommandé de leur parler aussi d’eux-mêmes. Volodymyr Zelensky a parfaitement réussi à jouer de ce ressort, mercredi 16 mars, lors de son allocution par vidéoconférence devant les élus du Congrès des Etats-Unis. Accueilli par une ovation debout, le président ukrainien, en tee-shirt kaki, a parlé à son auditoire du supplice de son peuple, de sa résistance contre l’armée russe. Mais il a surtout entretenu, voire amplifié, la flamme de la mobilisation bipartisane en faveur de l’Ukraine, une sorte de miracle en soi dans l’Amérique fracturée de l’époque.

Volodymyr Zelensky a salué le soutien fourni par les Etats-Unis, tout en exerçant une pression publique sur Joe Biden, d’une façon à la fois respectueuse et habile. « Vous êtes le leader de votre grande nation. Je vous souhaite d’être le leader du monde. Etre le leader du monde signifie être le leader de la paix. »

Volodymyr Zelensky a parlé aux Américains d’eux-mêmes, des figures présidentielles taillées dans le mont Rushmore, de Martin Luther King et de deux tournants de leur histoire : l’attaque des forces japonaises contre la base de Pearl Harbor, en 1941, et les attentats du 11 septembre 2001. Quel rapport ? La menace aérienne. « J’ai un besoin. J’ai besoin de protéger notre ciel », a-t-il plaidé.

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Comme attendu, celui-ci a réclamé une « no fly zone » – une zone d’exclusion aérienne – tout en sachant que l’administration Biden n’y est pas favorable, en raison d’un risque d’escalade immédiate avec la Russie. « Est-ce trop demander ? », s’est-il interrogé, en admettant une alternative utile : la fourniture de systèmes de défense antiaérienne, de type S-300.

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Avec un long retard sur l’horaire initialement prévu, comme s’il devait lui-même ajuster son discours à celui de son homologue ukrainien, Joe Biden a pris ensuite la parole, à la Maison Blanche, pour évoquer un nouveau paquet d’aide militaire de 800 millions de dollars (725 millions d’euros) à destination de Kiev. « Nous allons donner à l’Ukraine les armes pour se battre et se défendre tout au long des jours difficiles qui sont devant elle », a dit le président américain.

Et cette fois, la Maison Blanche a décidé de détailler le contenu de l’aide, pour illustrer l’importance de l’effort consenti. Les Etats-Unis vont effectivement faciliter le transfert de nouveaux systèmes de défense antiaérienne de plus longue portée, de type S-300, que possèdent certains pays européens, qui sont invités à les céder. En outre, le paquet comprend des drones d’attaque, 800 systèmes anti-aériens Stinger (s’ajoutant à 600 autres précédemment livrés), 2 000 missiles antichars Javelin, 6 000 lance-roquettes AT-4, sans compter 100 lance-grenades, 5 000 fusils ou encore 400 mitrailleuses.

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