Guerre en Ukraine : la Russie recrute des mercenaires syriens

Des mercenaires syriens vont être enrôlés aux côtés de l’armée russe en Ukraine. Vladimir Poutine l’a officialisé, vendredi 11 mars, en déclarant qu’il allait autoriser des « volontaires du Proche-Orient » à aller se battre, comme supplétifs des forces russes. Selon des témoignages recueillis par des observateurs syriens, la campagne de recrutement a déjà commencé dans les provinces sous contrôle du ­président Bachar Al-Assad. L’information avait été corroborée, lundi 7 mars, par le Pentagone. « Nous pensons qu’il y a une part de vérité dans les infor­mations selon lesquelles les Russes cherchent des combattants syriens pour étoffer leurs rangs en Ukraine », avait expliqué son porte-parole, John Kirby.

Le direct du 11 mars : les dernières informations sur la guerre en Ukraine

La mobilisation de mercenaires syriens sur des théâtres de conflit étrangers n’est pas inédite. Des Syriens ont été déployés par la Russie et la Turquie en Libye, et par la Turquie au Haut-Karabakh. Côté russe, l’enrôlement s’est fait par le biais de sociétés de sécurité privées comme Wagner, proche du président Vladimir Poutine, qui est présent en Syrie depuis l’intervention militaire russe en soutien au président Assad, fin 2015, et en Libye depuis 2018.

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Elles ont recruté des Syriens dès 2017 pour sécuriser des champs pétroliers et des infrastructures en Syrie, et traquer les combattants de l’organisation Etat islamique. « Puis, des Syriens ont été envoyés au front en Libye. Depuis un an, certains sont recrutés à des fonctions non combattantes au Donbass, pour construire des tranchées et des installations », explique Souhail Al-Ghazi, un chercheur affilié au Center for Middle East Studies-Orsam, qui estime que les salaires oscillent entre 800 et 1 800 dollars (entre 727 et 1 637 euros).

L’argent, principal moteur

Le 28 février, l’organisation de défense des droits de l’homme Syrians for Truth and Justice (STJ) a recueilli des témoignages qui confirment une campagne de recrutement en cours dans la province de Damas. « Le recrutement est opéré par des groupes de sécurité privée comme Wagner et des services de sécurité syriens. Il se fait par le biais des antennes du parti Baas, des Forces de défense nationale et d’autres milices locales. Mais il y a forcément un ordre venu de Russie », explique Bassam Al-Ahmad, le directeur de STJ. Les recrues sont, selon lui, d’anciens soldats de l’armée syrienne ou d’anciens insurgés qui ont été amnistiés par le régime dans le cadre des comités de réconciliation, à l’instar des membres du 5e corps d’assaut de Deraa (Sud), une milice locale composée d’anciens insurgés et soutenue par les Russes, déjà présents sur le front libyen.

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