Guerre en Ukraine : partout, les peuples défilent aux cris de « Arrêtons Poutine »

Par Florence de Changy, Cécile Ducourtieux, Jakub Iwaniuk, Marie Jégo, Allan Kaval, Frédéric Lemaître, Sandrine Morel, Carrie Nooten, Marina Rafenberg, Olivier Truc, Thomas Wieder et Béatrice Gurrey

Publié aujourd’hui à 11h07, mis à jour à 11h13

Manifestation de soutien au peuple ukrainien, place du Capitole, à Toulouse, le 27 février 2022.

La guerre, l’invasion, l’occupant, la vieille Europe sait ce que c’est, dans ses os. Quand on lui parle de bombardements, de caves, d’exode, elle comprend intimement cette terreur – malgré bientôt huit décennies de paix. Sans doute faut-il voir là l’un des ressorts de l’immense émotion qui a saisi le continent, en faveur de l’Ukraine, samedi 26 et dimanche 27 février. Quatre jours après le début des hostilités déclenchées par Vladimir Poutine, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues – et pas seulement dans les capitales – parées de bleu et jaune, aux couleurs du drapeau ukrainien. Des manifestations contre la guerre et, surtout, contre le président russe, dont le visage s’est souvent retrouvé affublé de la moustache d’Hitler. Une onde de choc qui s’est propagée dans le monde entier.

Le direct du lundi 28 février : Les bombardements reprennent à Kiev et Kharkiv, le rouble en chute

A Londres, le temps est radieux, les touristes ont repris le chemin du Royaume-Uni après l’interminable crise sanitaire du Covid-19, et le métro regorge de supporteurs de football qui convergent, dimanche, vers le stade de Wembley pour le match Liverpool-Chelsea. En dépit de cette bouffée d’insouciance, plusieurs milliers de manifestants se rassemblent à Trafalgar Square, les pommettes barrées de bleu et jaune. « Arrêtons Poutine », « arrêtons la guerre », « fermons nos espaces aériens », clament ceux qui défilent au micro. Il y a beaucoup de familles avec enfants, des couples âgés, des Britanniques d’origine iranienne ou russe, des Hongkongais, venus soutenir la cause de Kiev. Sur une pancarte, Poutine est devenu « Putler »

« Tout est tellement irréel »

Sur le panneau d’Oksana Cheremkhivra, une exhortation en grandes lettres rouges : « Mères de Russie, arrêtez la guerre ». « Des jeunes soldats russes meurent en ce moment pour une guerre qui n’est pas la leur, déplore cette Britannique d’origine ukrainienne. Leur vie n’a aucune importance pour Poutine. » Sa mère, de 80 ans, et sa belle-mère sont isolées, sans aide, dans l’ouest de l’Ukraine. « Je regrette qu’on n’ait pas fait davantage pour arrêter Poutine. On savait, nous, qu’il était dangereux, mais personne ne nous écoutait. »

Manifestation à Oxford, au Royaume-Uni, le 27 février 2022.

Cassia Scott-Jones, une toute jeune fille, porte une pancarte écrite en russe qui se termine par un vigoureux « Putin go fuck yourself ». D’origine ukrainienne, elle aussi, Cassia enrage « qu’on n’ait pas stoppé Poutine dès 2014, quand il a occupé la Crimée ». Elle évoque deux enfants de 9 et 12 ans qui lui sont chers en Ukraine, et se met à pleurer. « Il y a quelques jours, on rigolait, on vivait nos vies, et maintenant… » L’attitude du Home Office (le ministère de l’intérieur), qui exige un visa pour les Ukrainiens fuyant la guerre, scandalise bon nombre de manifestants.

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