La chef de la police de Londres démissionne, emportée par une crise de confiance

Elle était la première femme à la tête de Scotland Yard. Près de cinq ans après sa nomination, la commissaire en chef de la police de Londres, Cressida Dick, a annoncé sa démission, jeudi 10 février au soir. L’institution londonienne est en proie à une crise de confiance à la suite de la publication d’un rapport dénonçant des comportements racistes, misogynes et discriminatoires dans ses rangs.

Poussée vers la sortie par le maire de la ville, Sadiq Khan, Mme Dick a estimé dans un communiqué qu’elle n’avait « d’autre choix que de démissionner ». « Il est clair que le maire n’a plus la confiance nécessaire dans ma direction pour que je continue », a-t-elle déclaré, précisant qu’elle resterait à son poste en attendant que son successeur soit désigné. Lors de sa nomination, en 2017, elle était devenue la première femme à diriger Scotland Yard.

Rapport accablant

La Metropolitan Police (Met) a également été vivement critiquée pour avoir tardé à enquêter sur les fêtes qui se sont tenues à Downing Street et dans les cercles du pouvoir pendant la pandémie de Covid-19 malgré les restrictions sanitaires, un scandale qui menace la survie politique du premier ministre, Boris Johnson.

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La démission de Mme Dick, 61 ans, fait suite à la publication, le 1er février, d’un rapport accablant de la « police des polices » britanniques, l’IOPC. Celle-ci avait notamment passé en revue des milliers de messages échangés sur les réseaux sociaux, « dont beaucoup étaient hautement sexualisés, discriminatoires ou faisaient référence à la violence ». Ils comportaient des allusions directes à des viols, des termes homophobes ou racistes ou des références au camp d’extermination nazi d’Auschwitz.

Sur les quatorze policiers visés, basés principalement au commissariat de Charing Cross, dans le centre de Londres, neuf sont toujours en activité. Ils avaient minimisé les messages en les mettant sur le compte de la plaisanterie.

« Restaurer la confiance »

L’enquête avait initialement été ouverte en 2018 contre un policier soupçonné d’avoir eu des relations sexuelles avec une personne ivre dans un commissariat de police. L’investigation avait ensuite été élargie.

Dans un communiqué publié jeudi soir, le maire de Londres a expliqué qu’il n’avait « pas été satisfait » par la réponse de Mme Dick face à l’ampleur des changements selon lui « urgemment » nécessaires pour « restaurer la confiance » de la population londonienne et se débarrasser du « racisme, du sexisme, de l’homophobie, du harcèlement, des discriminations et de la misogynie qui existent toujours » dans la police de la capitale.

Après le viol et le meurtre d’une Londonienne, Sarah Everard, par un policier en mars 2021, qui avaient profondément choqué au Royaume-Uni, la Met avait été accusée d’avoir ignoré toute une série de signaux alarmants sur le comportement de cet agent.

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Elle avait aussi été montrée du doigt pour son intervention musclée afin de disperser un rassemblement en hommage à la victime, ou lorsque deux policiers s’étaient pris en photo sur la scène d’un double meurtre avant de partager les clichés.

Depuis son arrivée à la tête de la police de Londres, Mme Dick avait dû faire face à une série d’attentats djihadistes en 2017, à l’incendie meurtrier de la tour Grenfell (71 morts), ainsi qu’à des « manifestations difficiles », à « la pandémie » et au « meurtre d’officiers en service », a-t-elle rappelé. « Je suis incroyablement fière de mon équipe et de tout ce qu’[elle a] accompli. »

Le Monde avec AFP

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