La mort du petit Rayan au Maroc suscite une émotion mondiale

Un membre des forces de sécurité marocaines tente de repousser la foule, alors qu’une ambulance emporte le corps du petit Rayan, 5 ans, mort après être tombé dans un puits.

Les Marocains se sont réveillés remplis de tristesse, dimanche 6 février. Toute la journée, sur les marchés, les terrasses de café, dans les parcs, les badauds parlaient du « petit Rayan, retrouvé mort ». Sur les écrans de télévision et les smartphones défilaient les images de l’épilogue tragique de l’accident qui a coûté la vie à cet enfant de 5 ans, tombé dans un puits près de Chefchaouen, dans le nord du pays. Dans un élan de compassion et d’union nationale hors du commun, des milliers de prières pour le petit garçon et ses proches affluaient ce dimanche sur les réseaux sociaux, tandis que se succédaient des messages de solidarité venus du monde entier.

Le royaume venait de vivre en direct pendant cinq jours et quatre nuits la tentative de sauvetage d’un enfant. Heure par heure, les chaînes d’information ont relayé les opérations de secours depuis sa chute accidentelle à plus de 30 mètres de profondeur, mardi après-midi, jusqu’à l’évacuation de son corps inanimé, samedi dans la soirée. Aucun détail n’a échappé aux Marocains, tenus en haleine au cours de ces cent heures : le diamètre du puits ne permettant pas aux sauveteurs d’y descendre, les travaux de forage d’une immense crevasse verticale à proximité, puis d’un tunnel horizontal pour atteindre l’enfant, les outils utilisés, les forces en présence, la nature du sol, les risques d’éboulement, les pronostics médicaux sur l’état de santé de Rayan…

Mobilisation du roi Mohamed VI

A quelques dizaines de mètres des pelleteuses, des milliers de villageois ont campé sur place, passant jour et nuit à chanter et prier pour aider l’enfant à combattre, dans cette zone montagneuse du Rif, connue pour être l’une des plus pauvres du Maroc. Sur Twitter ou Instagram, les mots-clés liés à Rayan comme « #SauvezRayan » se sont hissés en tête des plus partagés au Maroc.

Vue du site où les sauveteurs ont retrouvé le corps du petit Rayan, le 6 février 2022, au Maroc.

Le sort de l’enfant d’Ighrane, village de la province de Chefchaouen, a donné lieu à une mobilisation royale. Le roi Mohamed VI a suivi « au plus près » les opérations de sauvetage et donné ses instructions pour que « tous les efforts possibles » soient déployés, avait fait savoir son cabinet. De fait, des moyens exceptionnels ont été mobilisés sans interruption durant ces quatre jours : hélicoptère médicalisé, bloc mobile de réanimation, équipes de la protection civile, Croissant-Rouge, gendarmerie, forces auxiliaires…

Samedi soir, c’est le cabinet royal qui annonçait le décès de Rayan : « Suite au tragique accident qui a coûté la vie à l’enfant Rayan Oram, Sa Majesté le roi Mohammed VI a appelé les parents du défunt, décédé après être tombé dans un puits », pouvait-on lire dans le communiqué du palais. Quelques minutes plus tard, l’image du corps de l’enfant sur une civière portée par des secouristes au milieu d’une foule clamant des chants religieux faisait le tour du monde.

« Notre petit garçon à tous »

Dimanche, le drame a suscité une avalanche d’émotion dans le monde entier. Sur Twitter, le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a dit « partager la peine de la famille du petit Rayan et du peuple marocain », tandis que le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a présenté ses condoléances « aux proches de feu l’enfant Rayan, au peuple marocain frère et à Sa Majesté le roi Mohammed VI ». Lors de la prière de l’Angélus célébrée au Vatican, le pape François a salué « tout un peuple qui s’est rassemblé pour sauver Rayan ». Plusieurs ambassadeurs au Maroc, mais aussi des organisations internationales, des artistes et des sportifs ont manifesté sur la Toile leur tristesse et leur soutien.

Dimanche soir, les médias marocains saluaient « l’élan de solidarité » et la « compassion » qui ont rassemblé tous les Marocains durant ce drame. « Nous avons vécu ce drame comme les membres d’une même famille, car ce petit garçon était devenu notre petit garçon à tous », pouvait-on lire dans la presse locale. L’enfant du pays sera enterré lundi.

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