La partie d’équilibrisme des Etats-Unis et du Venezuela après leur rapprochement surprise

Soucieux d’isoler la Russie sur le plan international, Washington joue la carte du rapprochement avec le Venezuela, sans lâcher son fidèle allié colombien. Le gouvernement de Nicolas Maduro accepte, lui, la main tendue sans lâcher son allié russe.

Vendredi 11 mars, la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a confirmé que son pays était pleinement disposé « à établir des relations respectueuses et à reprendre le dialogue avec le gouvernement des Etats-Unis, sans conditions, ni contrainte, dans le respect de la souveraineté ». Mme Rodriguez s’exprimait à un forum en Turquie où elle avait, la veille, rencontré le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

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Cette rencontre visait à rassurer Moscou, après la venue à Caracas, le 5 mars, d’une discrète délégation américaine à Caracas qui a rencontré Nicolas Maduro. La réunion a été confirmée par les deux parties. Trois jours plus tard, deux détenus de nationalité américaine incarcérés au Venezuela étaient libérés. Et le président vénézuélien se disait prêt à reprendre le dialogue avec son opposition.

Les Etats-Unis et le Venezuela, qui entretiennent des relations difficiles depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999, ont rompu toute relation diplomatique en 2019, Washington ayant alors reconnu l’opposant Juan Guaido comme seul président légitime du Venezuela. Les Etats-Unis ont depuis multiplié les sanctions pour tenter de forcer Nicolas Maduro à la démission. Sans succès.

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Les deux prisonniers libérés mardi sont Gustavo Cardenas, ancien cadre de Citgo, la filiale aux Etats-Unis de l’entreprise pétrolière vénézuélienne, condamné pour corruption, et Jorge Fernandez, un citoyen détenu en possession d’un drone et accusé de terrorisme. Cinq anciens collègues de M. Cardenas sont encore sous les verrous.

Critiques du camp républicain

L’éventualité d’une levée des sanctions pétrolières contre le Venezuela, décrétées en 2019, alimente désormais les spéculations. La Maison Blanche affirme que le sujet n’est pas à l’ordre du jour. Interrogée par les journalistes jeudi, la porte-parole de la présidence, Jen Psaki, a répondu par un conseil aux journalistes : « En ce moment de grande actualité internationale, je ne concentrerais pas beaucoup d’énergie à la perspective d’importations de pétrole du Venezuela. » Le pays produit aujourd’hui quelque 800 000 barils, contre 3,2 millions il y a vingt ans.

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Dans une interview donnée vendredi à Actualidad Radio, une radio en espagnol, de l’Etat de Floride, le conseiller de Joe Biden pour l’Amérique latine, Juan Gonzalez, a soutenu que le pétrole n’était pas au cœur de la discussion qu’il a eue avec M. Maduro. La priorité de Washington, a expliqué le haut fonctionnaire américain, est d’obtenir la libération des citoyens américains et des prisonniers politiques incarcérés au Venezuela et de favoriser la reprise du dialogue entre le gouvernement de M. Maduro et l’opposition pour résoudre la crise politique au Venezuela, parce que « ce ne sont pas les sanctions qui vont changer le statu quo au Venezuela ».

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