Le Royaume-Uni assouplit légèrement les conditions d’accueil des réfugiés ukrainiens

Le Royaume-Uni reste le seul pays européen à demander un visa aux Ukrainiens fuyant la guerre : lundi 14 mars au matin, seuls 4 000 d’entre eux avaient réussi à décrocher ce sésame, à l’issue de plusieurs jours d’attente et de fastidieuses démarches administratives. Cependant, face à la pression de l’opposition travailliste et à celle de l’opinion publique britannique, pour l’instant largement favorable à plus de générosité, et confronté à un début de fronde de ses propres élus conservateurs, le gouvernement de Boris Johnson assouplit – un peu – les conditions d’accueil.

Le ministre du logement, Michael Gove, a annoncé lundi que les organisations non gouvernementales, entreprises ou particuliers candidats à l’accueil de réfugiés pourront se manifester sur une plate-forme en ligne dans le cadre d’un nouveau schéma d’accueil : Homes for Ukraine. La plate-forme sera accessible aux Ukrainiens à partir du 18 mars. Les hôtes recevront une compensation de 350 livres sterling (415 euros) par mois et par famille hébergée, pendant au moins six mois. Les réfugiés pourront travailler, accéder aux services sociaux et au NHS (le système de santé, gratuit) – et rester jusqu’à trois ans dans le pays.

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Les volontaires devront trouver eux-mêmes des réfugiés – par des connaissances, les réseaux sociaux ou des œuvres de charité. Les Ukrainiens souhaitant se rendre au Royaume-Uni peuvent très bien n’avoir aucune connaissance ni membre de leur famille déjà installés sur place, ils devront néanmoins se soumettre à des vérifications de sécurité pour obtenir un visa.

200 000 réfugiés attendus

Interrogé sur la BBC dimanche, Michael Gove a dit lui-même « réfléchir » à accueillir un réfugié ukrainien. De même pour ses collègues Grant Shapps, le ministre des transports, et Sajid Javid, le ministre de la santé. Même Benedict Cumberbatch, l’acteur principal de la série Sherlock et du long-métrage The Power of the Dog (de Jane Campion, sacré meilleur film aux Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, dimanche), s’est dit volontaire.

En revanche, Boris Johnson n’est pas prêt à ouvrir les portes de Downing Street ni de Chequers, sa résidence officielle de week-end, « pour des raisons de sécurité », a précisé un porte-parole du gouvernement, lundi. Selon un sondage Opinium publié dans le journal The Observer, 9 % des personnes interrogées se disent sûres de vouloir héberger un réfugié ukrainien et 20 % disent qu’elles y réfléchissent.

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Michael Gove a précisé qu’« il n’y aura pas de limite concernant le nombre de réfugiés accueillis par cette voie ». Le premier ministre avait dit au début de mars s’attendre à l’arrivée « d’au moins 200 000 réfugiés ukrainiens ». Ces derniers jours, plus personne au gouvernement n’avance de prévisions alors que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estimait lundi à 2,7 millions le nombre de personnes ayant fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.

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Le Royaume-Uni assouplit légèrement les conditions d’accueil des réfugiés ukrainiens

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