Premier revers électoral pour les conservateurs britanniques après le « partygate »

Les Britanniques avaient pour la première fois l’occasion, jeudi 5 mai, d’exprimer leur lassitude à l’égard du gouvernement de Boris Johnson, lors du premier scrutin électoral post-« partygate », ces soirées organisées en plein confinement à Downing Street. Ils ne s’en sont pas privés lors des élections locales visant à renouveler des milliers de conseils municipaux en Angleterre, au Pays de Galles et en Ecosse : au pouvoir depuis douze ans, le Parti conservateur a essuyé de sévères revers, perdant ses derniers fiefs londoniens et reculant sur les terres pourtant traditionnellement acquises du sud de l’Angleterre.

Le parti a ainsi perdu, au profit des travaillistes, le contrôle de Wandsworth, un arrondissement aisé du sud-ouest de Londres, dans son giron depuis quarante-quatre ans. Réputé pour être le borough préféré de l’ex-première ministre Margaret Thatcher, pour sa constante politique de faibles impôts locaux, Wandsworth était devenu ces dernières semaines un point de fixation des militants du Labour, qui voulaient faire tomber un des derniers conseils londoniens encore en bleu (la couleur des tories) sur la carte électorale. Les conservateurs ont aussi cédé aux travaillistes la majorité au conseil municipal de Barnet (un arrondissement du nord-ouest de Londres) et à celui de Westminster, au cœur de la capitale. Ils ont aussi perdu le contrôle du conseil local de l’Oxfordshire occidental (un district connu pour ses résidences secondaires de riches Londoniens) ou de la grosse ville portuaire de Southampton.

Lire aussi : Elections au Royaume-Uni : les conservateurs perdent des conseils locaux-clés à Londres, selon les premiers résultats

Frustration des conservateurs

« Nous avons pourtant fait exactement ce que les habitants voulaient – baisser les impôts, limiter les hausses de loyers –, mais d’autres sujets ont influé leur vote, dont l’attitude de Boris Johnson », regrettait Ravi Govindia, le chef du conseil de Wandsworth, vendredi 6 mai. Bien d’autres élus tories ont dit leur frustration à l’égard du premier ministre, dont l’honnêteté est mise en doute, après qu’il a été sanctionné par la police pour le « partygate », alors qu’il avait longtemps répété n’avoir participé à aucune fête durant le confinement. M. Johnson doit « se regarder soigneusement dans le miroir » après ces échecs locaux, soulignait vendredi matin Simon Bosher, élu conservateur au conseil de Portsmouth, autre ville portuaire du sud-ouest du pays où les tories se trouvent désormais en difficulté.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « Partygate » : la police met Boris Johnson, sa femme et son chancelier de l’Echiquier à l’amende

L’autre grande préoccupation des électeurs était la crise du coût de la vie, contre laquelle le gouvernement Johnson n’a pour l’instant pratiquement pas agi. Rishi Sunak, le chancelier de l’Echiquier, ne propose qu’un rabais de 200 livres sterling (234 euros) aux Britanniques sur leur facture d’énergie alors qu’elle a doublé en avril, qu’elle augmentera encore probablement à l’automne, et que leur pouvoir d’achat est amputé par une inflation à 8 % (elle pourrait atteindre 10 % a prévenu la Banque d’Angleterre jeudi). Même chez les tories, certains réclament une taxe sur les profits des compagnies pétrolières – BP et Shell ont publié des profits historiques ces derniers jours.

Il vous reste 35.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

We want to thank the writer of this write-up for this incredible material

Premier revers électoral pour les conservateurs britanniques après le « partygate »

Travors