Réfugiés ukrainiens : les restrictions du gouvernement britannique de plus en plus critiquées

Le Royaume-Uni est le seul pays européen à exiger encore un visa des Ukrainiens qui fuient la guerre et cherchent à trouver refuge dans le pays. Et ces visas sont accordés au compte-goutte : le Home Office a reconnu, dimanche 6 mars, n’en avoir délivré que 50 à des Ukrainiens tentant de rejoindre leur famille au Royaume-Uni, alors qu’au moins 15 000 demandes sont en cours ; lundi, le nombre de visas accordés avait grimpé à 300. La communauté ukrainienne britannique est évaluée à environ 100 000 personnes.

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La comparaison avec l’ouverture des autres pays européens aux réfugiés est frappante. La Pologne a déjà accueilli plus d’un million d’Ukrainiens ; la Hongrie, la Moldavie, la Roumanie ou l’Allemagne leur ouvrent aussi les bras. Quant à l’Union européenne, elle leur a accordé une « protection temporaire », un droit de séjour d’au moins un an, assorti de droits conséquents : ils pourront travailler, accéder aux logements, système éducatif et soins médicaux.

Ce manque de générosité britannique en pleine crise humanitaire – le plus grand déplacement de populations depuis la fin de la seconde guerre mondiale selon les Nations Unies – choque de plus en plus les Britanniques, l’opposition politique au gouvernement de Boris Johnson, et même des membres de son parti conservateur. « Le Royaume-Uni est loin de faire assez pour les réfugiés ukrainiens », a déploré la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, lundi au micro de LBC.

Le ministre de l’intérieur français, Gérard Darmanin, a dénoncé dimanche « le manque d’humanité » des autorités britanniques, alors qu’au moins 150 Ukrainiens étaient bloqués à Calais ce week-end, empêchés de traverser la Manche car ne disposant pas de visa. Pour l’obtenir, Londres continue d’exiger qu’ils se présentent – physiquement – au consulat britannique à Paris ou à Bruxelles (après avoir pris rendez-vous en ligne). Jeudi 3 mars, M. Darmanin avait pourtant annoncé sur France Inter que sa collègue britannique, Priti Patel, allait « installer une sorte de consulat » à Calais. Jeudi soir, contacté par Le Monde, le Home Office démentait, insistant qu’il « n’y a pas de centre pour demander un visa à Calais. Les gens ne doivent pas venir à Calais [pour cela] ».

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Une hotline mise en place

Dimanche, Mme Patel a jugé « fausses » les accusations de M. Darmanin et lundi, un porte-parole de Downing Street insistait : « Une hotline a été mise en place pour les personnes ayant besoin d’aide [le +44 808 164 8810, les appels sont gratuits], nous avons renforcé les équipes dans nos consulats des pays adjacents de l’Ukraine et avons ouvert deux routes pour venir au Royaume-Uni. » Quelques heures plus tard, ajoutant à la confusion, Mme Patel affirmait d’abord à la Chambre des communes : « Nous avons un bureau près de Calais, mais pas sur le port » avant d’avouer que ce bureau « n’est pas encore opérationnel ».

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