Rwanda : qui était Aminadabu Birara, héros de la résistance tutsi honoré à Paris ?

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Dans le bas Montmartre, à l’intersection des rues Ramey et Marcadet, une place du 18e arrondissement de Paris porte aujourd’hui le nom d’un résistant rwandais qui s’est illustré pendant le génocide des Tutsi : Aminadabu Birara. L’inauguration, qui doit avoir lieu vendredi 13 mai en fin d’après-midi, répond à « l’envie de rendre hommage à ce héros afin que son souvenir reste toujours présent », explique Eric Lejoindre, maire (PS) de l’arrondissement. Après l’érection de deux stèles, au cimetière du Père-Lachaise (20e arrondissement) en 2014 puis au Jardin de la mémoire du parc de Choisy (13e) en 2016, ce lieu de mémoire est le troisième de la capitale française à rendre hommage aux victimes du génocide des Tutsi, qui a fait 800 000 morts au printemps 1994.

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Né dans la région de Bisesero, une chaîne de collines située dans l’ouest du Rwanda, Aminadabu Birara est âgé de 68 ans lorsque le génocide commence, le 7 avril 1994. Eleveur comme la plupart des hommes de sa région, il possède déjà une solide expérience dans la résistance. « Comme il avait survécu aux premières tueries perpétrées contre les Tutsi en 1959, 1962, 1963 et 1973, Aminadabu Birara est devenu naturellement un chef au niveau local », explique Etienne Nsanzimana, président d’Ibuka France, la principale association de victimes du génocide. « C’était un homme habitué à contrer et à mener des attaques avec ses compagnons autour de lui, se souvient celui qui a combattu à ses côtés en 1994. Face à la violence des extrémistes hutu, on était divisés en trois groupes répartis dans différents endroits. Chacun avait un chef et Aminadabu Birara coordonnait l’ensemble. Tout le monde le connaissait pour sa bravoure au combat. »

L’eau « rouge de sang » de la rivière

Lorsque les miliciens Interahamwe empruntaient les sentiers pour attaquer les villages, les résistants tutsi les guettaient au sommet des collines, puis leur jetaient des pierres. « Les jeunes et les plus forts s’installaient devant, raconte Eric Nzabihimana. Les enfants et les vieux étaient à l’arrière et devaient apporter les cailloux qu’ils ramassaient. » Sur les collines de Bisesero, tous les villageois participaient à la résistance, y compris les descendants du chef. « J’avais 15 ans et je me revois en train d’apporter des pierres, explique Marcel Harerimana, fils d’Aminadabu Birara. Tout le monde parlait du courage de mon père, j’étais fier de lui. »

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