Yémen : les belligérants s’accordent sur une trêve de deux mois

La paix fait difficilement son chemin au Yemen. Mais les parties belligérantes du conflit, qui oppose depuis 2014 les forces progouvernementales aux rebelles houthistes, se sont accordées sur une trêve de deux mois à partir de samedi, ont annoncé, vendredi 1er avril, les Nations unies (ONU).

« Les belligérants ont répondu positivement à la proposition des Nations unies d’une trêve de deux mois qui entrera en vigueur demain [samedi] 2 avril à 19 heures », a déclaré, dans un communiqué, Hans Grundberg, envoyé de l’ONU pour le Yémen, ajoutant qu’elle pouvait être « renouvelée avec le consentement des parties ».

L’annonce de cette trêve, qui entre en vigueur le premier jour du mois sacré du ramadan, intervient après que des consultations se sont tenues mercredi à Riyad, en Arabie saoudite, en l’absence des rebelles houthistes qui refusent tout dialogue en territoire « ennemi ».

« Les parties ont accepté d’arrêter toutes les offensives militaires aériennes, terrestres et maritimes au Yémen et au-delà de ses frontières », a dit M. Grundberg.

Les forces progouvernementales yéménites sont soutenues depuis sept ans par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, tandis que les rebelles houthistes sont appuyés par l’Iran.

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« Ce n’est pas assez », pour Joe Biden

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé lors d’une rencontre avec des journalistes à « utiliser cet élan » pour que cette trêve soit « pleinement respectée et renouvelée ». Le président américain, Joe Biden, a lui « salué » l’annonce de la trêve, mais juge que « ce n’est pas assez ». « Les négociateurs doivent entreprendre la difficile et nécessaire démarche vers un compromis politique pouvant apporter une paix durable à tous les habitants du Yémen », a-t-il estimé dans un communiqué.

« Les parties se sont également accordées pour autoriser les pétroliers à entrer dans les ports de la province de Hodeida et aux vols commerciaux d’opérer à partir et vers l’aéroport de Sanaa, avec des destinations prédéterminées dans la région », a précisé M. Grundberg.

Seuls les vols de l’ONU sont actuellement autorisés via l’aéroport de la capitale Sanaa, tenue par les houthistes, tandis que Hodeïda est la seule région du Yémen à faire l’objet d’un accord de démilitarisation, signé sous l’égide de l’ONU en 2018. Le port de la ville éponyme est essentiel pour l’acheminement de l’aide humanitaire.

M. Grundberg, qui a remercié les belligérants d’avoir négocié « en toute bonne foi », a ajouté que ces derniers avaient « accepté de se rencontrer sous son égide pour ouvrir des routes à Taëz et dans d’autres régions du Yémen ». « L’objectif de cette trêve est d’arrêter cette violence et de donner aux Yéménites une assistance humanitaire et l’espoir que ce conflit puisse se terminer, ce qui est le plus important », a-t-il dit.

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Echange de prisonniers

Samedi 26 mars, les houthistes avaient, de leur côté, annoncé une trêve de trois jours extensible à certaines conditions, après avoir mené, la veille, seize attaques contre l’Arabie saoudite. Et le jour suivant, l’Arabie saoudite avait bombardé des zones contrôlées par les houthistes, notamment à Sanaa et Hodeïda, avant de décréter mardi soir un cessez-le-feu à partir de mercredi pour le mois de jeûne musulman du ramadan, le premier cessez-le-feu unilatéral de la coalition depuis avril 2020.

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La semaine dernière, les houthistes avaient annoncé un accord portant sur la libération de 1 400 prisonniers détenus par le gouvernement contre 823 détenus par les insurgés, dont le frère du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi. Le responsable de ce dossier côté gouvernemental, Hadi Haig, avait toutefois précisé que l’accord était « encore à l’étude ».

Après sept ans d’intervention, la coalition, qui contrôle l’espace aérien et maritime du Yémen, n’a pas réussi à déloger les rebelles houthistes du nord du pays, qu’ils ont largement ravi au gouvernement, à commencer par la capitale Sanaa prise en 2014. Les rebelles ont pris le contrôle de la majeure partie du nord du pays, le plus pauvre de la péninsule arabique et voisin de la riche monarchie saoudienne.

Pour le moment, les rebelles ne semblent pas disposés à partager le pouvoir, affichant une intransigeance que certains imputent à leur position de force sur le terrain, et d’autres au manque de fermeté de la communauté internationale à leur égard.

Selon l’ONU, le conflit a causé la mort de près de 380 000 personnes, dont une majorité de décès indirects liés à la faim, aux maladies et au manque d’eau potable, tandis que des millions d’autres ont été déplacées. Une grande partie de la population, notamment les enfants, est confrontée à une faim aiguë, avec des situations proches de la famine.

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Le Monde avec AFP

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